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L'APPEL DE LA FRATERNITÉ DE LA
ROSE-CROIX
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LES SECRETS DE LA FRATERNITÉ DE
LA ROSE-CROIX
ANALYSE ÉSOTÉRIQUE DU
TESTAMENT SPIRITUEL
DE L'ORDRE DE LA
ROSE-CROIX
PAR
JAN VAN
RIJCKENBORGH
(Suite des extraits
précédents....)
Ainsi commença la Fraternité de la Rose-Croix,
d'abord avec quatre personnes seulement. Par elles la langue et
l'écriture magiques furent pourvues d'un vaste Vocabulaire
dont nous nous servons encore aujourd'hui pour l'honneur et la gloire
de Dieu et où nous trouvons une grande sagesse.
Chapitre 11 - Le Vocabulaire secret de la révolution
du Verseau
Dans la vie de l'élève sérieux de la
Rose-Croix, un jour vient où il découvre comment
l'Ordre de la Rose-Croix, l'école des Mystères de
l'Occident, est né de l'opposition et s'est
développé à partir de la dure
réalité. Lorsque le fils de la lumière, le fils
du feu, nanti de la sagesse qui renouvelle la vie, se tourne vers les
ténèbres et la ruine de ce monde et que, par
autodéfense, ces ténèbres, cette
négativité le repoussent, il modifie sa tactique. Et si
vous voulez comprendre la base spirituelle de la révolution du
Verseau, il faut nécessairement approfondir cette tactique et
sa structure.
Ici nous touchons déjà d'emblée le
problème crucial de cet exposé. Lorsque le chercheur
entre pour la première fois en contact avec la philosophie de
la Rose-Croix occidentale, et qu'il est enflammé par ses
clartés magiques, il est enclin, comme Christian Rose-Croix
à son entrée en Espagne, à vouloir transmettre
au reste de l'humanité la sagesse qu'il a reçue avec
tant d'amour et de désintéressement. Il commence donc
par répandre les enseignements du christianisme gnostique. Et
tout naturellement il fait la même expérience que
Christian Rose-Croix: il essuie un refus brutal et implacable. Il est
attaqué par la haine et se voit pris dans les rets du mal; on
essaie de l'emprisonner dans l'accoutumance de la vie ordinaire.
Une fois le travailleur arrivé à ce point du
chemin, les Frères aînés observent son
développement ultérieur avec un grand
intérêt car c'est une phase extrêmement critique.
Sortira-t-il de cette crise comme l'oiseau de feu rené? La
réforme désirée reviendra-t-elle à ses
pensées une fois les cinq années
écoulées? Ou bien s'arrêtera-t-il à cette
frontière? Dans ce cas il est perdu pour l'école des
Mystères. Il ne peut plus être un libre constructeur.
Ayant trébuché devant les oppositions, il a
été incapable de les surmonter et il s'arrête
alors à l'état d'Ephésien, comme habitant de la
limite, et n'entre jamais dans l'état d'âme
vivante.
Il existe une différence incommensurable entre le
chrétien humanitariste et le chrétien au sens de
l'École spirituelle gnostique. Le chrétien
humanitariste est le prédicateur bien intentionné la
plupart du temps; et quand il entre en action, c'est le
contestataire, le présentateur de pétitions; il essaie
de guérir les blessures par toutes sortes d'actes
philanthropiques ou humanitaristes, mais il n'est pas pour autant il
ne guérit rien. Dans son aspect le plus élevé,
c'est l'homme qui fulmine contre la décadence par des
protestations enflammées ou le prédicateur violent qui
exhorte à la pénitence.
Mais sachez que le chrétien gnostique ne prêche pas
la pénitence. Ne voyez pas en nous des sermonneurs
acharnés. Nous sommes bien plus dangereux! Avec l'aide de Dieu
nous accomplissons la révolution du Verseau et nous nous
sommes engagés dans une autre tactique à laquelle nous
sommes pieds et poings liés. En voulez-vous un exemple dans le
Nouveau Testament? Pensez alors à Jean Baptiste, le
précurseur du Christ, l'homme au manteau de poils de chameau
dans le désert. Debout dans le désert de ce monde, il
dit: "Aplanissez les chemins du Seigneur, aplanissez les chemins pour
votre Dieu!" Jean baptise de l'eau du Jourdain, de l'eau de la
réalité; il fouette avec la réalité,
exhortant ses auditeurs à se préparer à la venue
du Christ par un comportement intérieur
conséquent.
Mais la réalité vous a-t-elle baptisé?
Connaissez-vous l'enfer où vous vivez? Ou n'avez-vous
été baptisé que dans une église?
Dès que vous plongez dans la réalité, dès
que la réalité de l'existence vous oppresse
jusqu'à l'asphyxie, que vous êtes prêt à
anéantir le réel isolement du moi pour que la
lumière du Christ puisse se manifester en vous, vous
êtes baptisé de l'eau du Jourdain. Alors vous comprenez
les paroles de Jean Baptiste: "Celui qui vient après moi
était avant moi. Je ne suis pas digne de délier la
courroie de ses souliers." Alors vous savez qu'existent un nouveau
ciel et une nouvelle terre, une nouvelle réalité. Alors
vous connaissez celui qui ne baptise pas d'eau, mais de feu, celui
qui, par le feu, anéantit la réalité
infernale.
Quand vous comprenez cela et que vous avez passé
l'épreuve de cinq années (aspect cabalistique de la
raison suprême, de l'âme nouvelle) alors la nouvelle
réforme vous vient à l'esprit et vous ne continuez plus
à prêcher dans le désert, au bord du
Jourdain!
Et voici qu'Il vient, l'homme-Jésus, l'homme-âme
véritable. Il vient jusqu'au Jourdain. Il s'immerge dans
l'eau. Il veut être baptisé dans notre
réalité. Il plonge dans l'indicible misère de
cette existence, tout entier, au risque même d'y
étouffer. Il accepte totalement cette misère: toutes
les douleurs de tous les hommes se manifestent en lui. "Il doit
croître et je dois diminuer," dit Jean.
Quand Jésus surgit de cette eau, nous voyons l'esprit de
Dieu descendre sur sa tête sous forme d'une colombe.
Alors, il avance. Il traverse le désert. Il brise
l'enveloppe de Saturne: et le soleil monte. Il marche dans la boue de
l'existence. Bien sûr il prêche l'évangile, mais
en même temps il guérit les malades. Et le soleil monte.
Il s'offre totalement, intégralement. Il choisit la croix: et
le soleil monte! Et au matin de la résurrection, voici que le
soleil rayonne sur un nouveau monde. Comprenez-vous cet appel du
soleil, cet appel du Christ?
Maintenant vous savez que l'école des Mystères
surgit de la dure réalité. Vous savez que
l'école des Mystères ne peut pas être
l'école de l'eau, mais qu'elle est celle du feu. Et vous en
comprenez peut-être aussi les conséquences. Dans la
"Fama" ces conséquences sont désignées comme le
langage secret, l'écriture secrète, ou le grand
vocabulaire.
Quelles sont ces conséquences? Les hommes qui
écoutent uniquement Jean Baptiste, bouche bée, pleins
d'intérêt, ou en total désaccord, ne peuvent rien
saisir de ces choses. Ils doivent d'abord comprendre le sens de la
vie et connaître la réalité. La philosophie
occidentale s'adresse donc à eux afin qu'ils comparent leur
réalité à cette sagesse. Cette
réalité est effroyable! C'est la raison pour laquelle
nous nous portons vivement en avant avec la philosophie occidentale
et nous lançons notre appel avec elle: "Aplanissez les chemins
du Seigneur!"
Mais la horde démoniaque, qui tient sous son emprise le
monde et l'humanité, oppose son refus. Son acceptation
signifierait sa fin. D'elle-même elle ne fera pas ce choix.
C'est pourquoi l'élève qui avance sur le chemin de la
réalisation se fait baptiser comme Jésus, dans l'eau du
Jourdain. Et vous savez maintenant ce qu'il faut entendre par
là. Après ce baptême il change
immédiatement de tactique car, de suite après, il est
admis dans l'Ordre.
Pourquoi nous attaquons-nous à la horde démoniaque
avec une si grande violence. Pourquoi vous incitons-nous à
partir avec nous? Pourquoi vous peignons-nous la
réalité si crûment? Ne le comprenez-vous pas?
Parce que nous voulons vous inciter à l'acte. Lequel? Sauter
avec nous dans l'eau du Jourdain, vous y plonger totalement. Si vous
le faites, si vous en avez le courage, si vous acceptez cette lutte
héroïque, vous posez alors le pied sur le chemin qui
mène au nouvel état de l'âme.
Ces derniers temps, l'école des Mystères a joui
d'une expansion très remarquable. Une préparation
s'accomplit en vue d'un travail grandiose et décisif. C'est
pourquoi vous êtes troublé; c'est pourquoi, grâce
à ce trouble, l'or est éprouvé et
purifié; c'est pourquoi sont choisis de cette manière
ceux qui sont aptes à ce nouveau travail. Nombreux sont ceux
qui ont saisi cette chance. Grâce au témoignage de
l'acte d'amour, l'amour descend parmi vous. Plus vous donnez, en
total abnégation, plus vous recevez, grâce à la
croissance de l'âme.
Lorsque le jeune frère entre dans l'Ordre, Ordre né
de la nécessité, il commence par étudier la
sagesse du "vaste Vocabulaire". Il est instruit de la tactique de
l'Ordre; comme base de son nouveau travail, il apprend à
comprendre que la lumière ne se laisse pas repousser: elle
veut triompher. Si elle ne peut pas triompher avec le doux
éclat des rayons solaires qui délivrent des
ténèbres et les chassent, elle frappe comme la
foudre.
Si vous comprenez la magie de la lumière, vous savez
qu'elle vivifie les choses naturelles du monde en une infinité
de gradations et une immense multiplicité de formes.
L'astrosophie nous explique les rayonnements des forces cosmiques et
nous connaissons également les puissants effets du rayonnement
invisible des éléments.
Il y a donc quelque chose comme une action divine clandestine:
sans que l'homme de la nature s'en aperçoive, la
matière grossière est minée jusqu'à ce
qu'elle s'écroule. Le processus entretenu par la horde
démoniaque se retourne contre elle. Sa propre nature
inférieure court à la perdition par l'action magique
révolutionnaire de la lumière, le feu.
Chaque jour, est-il dit dans la « Fama », «
L'Appel de la Fraternité de la Rose-Croix », le
Frère Christian Rose-Croix fait usage, pour la gloire et
l'honneur de Dieu, du vaste Vocabulaire de cette révolution de
la lumière et y trouvera une grande sagesse. Dans ce livre il
apprend la grande différence entre les doctrines et leur mise
en pratique. Les enseignements ne sont pas libérateurs en
eux-mêmes: seule leur réalisation résout les
problèmes. Vous pouvez comparer les enseignements à
l'élément eau, et leur accomplissement à
l'élément feu.
Dans la vie naturelle, ces deux éléments sont
opposés l'un à l'autre. C'est la raison pour laquelle
on recule devant la tâche du christianisme. On enterre la
religion occidentale sous l'endoctrinement les dogmes - et on en
reste là. Mais l'élève de la Rose-Croix aspire
à l'unité de l'eau et du feu, ce qui explique qu'il
soulève la révolution du Verseau dans ce monde, la
révolution qui doit conduire à cette unité.
Nous nous rencontrons près du Jourdain. Nous y voyons la
figure de Jean Baptiste, qui nous plonge dans la
réalité brisée, brisée par la nature
inférieure. Après notre baptême nous traversons
le désert avec Lui, le Seigneur de toute vie, vers le Cana du
renouvellement. Là nous parvenons aux nouvelles noces,
où le sang du Seigneur, le vin nouveau, étincelle dans
la coupe; et là nous construisons la nouvelle demeure pour le
courant de vie humain.
Vous devez apprendre ce langage secret: l'école des
Mystères n'envisage aucun relèvement de ce qui est
inférieur, aucune délivrance de la misère et de
la corruption, elle vous précipite dans l'inférieur,
dans la réalité, dans le Jourdain. L'Esprit de Christ
est descendu également dans cet eau du Jourdain et vous
précède à Cana, le lieu du renouvellement. C'est
pourquoi il faut abandonner l'illusion consistant à croire
qu'il existe quelque chose comme une "libération" de
l'infernale réalité. Non, vous devez vous- même
éteindre ce brasier infernal par le feu de vos actes,
jusqu'à ce que vous voyiez enfin le nouveau Soleil monter au
zénith. Si vous osez entreprendre ce travail, si vous acceptez
cette tâche, si vous comprenez ce langage secret du Vocabulaire
de la révolution du Verseau, alors "toutes choses seront
remises entre vos mains."(Jean 13,3)
"Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que
son heure était venue de passer de ce monde au Père, et
ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, mit le
comble à son amour pour eux. Pendant le souper, lorsque le
diable avait déjà inspiré au coeur de Judas
Iscariot, fils de Simon, le dessein de le livrer, Jésus, qui
savait que le Père avait remis toutes choses entre ses mains,
qu'il était venu de Dieu et qu'il s'en allait à Dieu,
se leva de table, ôta ses vêtements et prit un linge dont
il se ceignit. Ensuite il versa de l'eau dans un bassin, et il se mit
à laver les pieds des disciples, et à les essuyer avec
le linge dont il était ceint. Il vint donc à Simon
Pierre, et Pierre lui dit: "Toi, Seigneur, tu me laves les pieds!"
Jésus lui répondit: "Ce que je fais, tu ne le comprends
pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt." (Jean
13,1-7)
Il existe sans doute des lecteurs qui ne comprennent pas non plus
ce symbole sacré d'une redoutable vérité. Pour
eux, l'Evangile de Jean parle ici en un langage mystérieux.
Ils pensent à un acte rituel, que le Pape de Rome imite en une
parodie consternante lors de son annuel lavement des pieds. Pour
d'innombrables gens, le christianisme entier reste un langage secret
et une caricature stupéfiante.
Mais vous comprendrez ce langage secret dès que vous aurez
saisi la dure réalité et rejeté jusqu'au plus
petit reste d'égocentrisme; dès que l'ici-bas sera
devenu un enfer si effroyable que chaque pas vous causera une douleur
infinie. Alors vos yeux s'ouvriront et le langage secret du
Vocabulaire de la Fraternité de la Rose-Croix
s'éclairera. Alors vous comprendrez le mystère du
lavement des pieds.
Ensuite vous verrez le Sublime, plongé dans l'eau du
Jourdain, s'élever dans une gloire inexprimable. Il est ceint
d'un tissu de lin pur, symbole du service d'amour impersonnel. Il
vient comme un serviteur, et dans de désolant désert,
il se courbe, portant sa croix, en complète abnégation,
pour l'homme et pour l'humanité. Tel est le miracle du
lavement des pieds, le symbole des Poissons, le signe de la
croix.
Et Pierre, l'énergie et le dynamisme en vous, dit:
"Pourquoi toi, Seigneur? Cette offrande ne doit-elle pas être
accomplie par des têtes, des coeurs et des mains d'hommes?"
Mais Dieu dans la chair dit: "Ce que je fais, tu ne le comprends pas
maintenant, mais tu le comprendras plus tard."
Quand la vie brûle, quand le moment psychologique de la
lutte arrive, la croix est là et c'est seulement dans ce signe
que l'homme dynamique pourra triompher, et toutes choses seront
remises entre ses mains. Sans cette offrande du Christ, tout travail
est vain. Sans notre offrande, tout travail de libération est
une chimère.
Avec nous comprenez donc le langage secret, le Vocabulaire de la
révolution du Verseau, le langage secret de la "Fama
Fraternitatis". Si vous ne le comprenez pas encore, vous comprendrez
plus tard qu'il n'y a qu'un seul signe, qu'un seul symbole de la
révolution du Verseau: la croix du Christ. Plongez-vous dans
la réalité, obtenez la victoire de la croix, dans la
réalité, par votre offrande en actes d'amour
impersonnels, au milieu du désert! C'est cela le Verseau,
C'est cela la Rose-Croix! C'est cela notre tactique! Qui pourrait
nous résister?
Ces frères composèrent également la
première partie du Livre M. Mais comme le travail était
devenu trop considérable, qu'une incroyable affluence de
malades les gênait et que, de plus, la nouvelle demeure,
appelée Sanctus Spiritus, était achevée, ils
décidèrent d'admettre encore quelques autres personnes
dans leur communauté et fraternité. C'est ainsi que
furent choisis Frère R.C., fils du frère de son
père décédé; Frère B., peintre de
talent; G.G. et P.D., leurs secrétaires, tous Allemands
excepté I.A. Au total ils étaient donc huit, tous
célibataires et ayant fait voeu de chasteté. Ils
rassemblèrent en un volume tout ce que l'homme peut, pour
lui-même, souhaiter, désirer et espérer.
Chapitre 12 La nouvelle Demeure du Saint-Esprit
Si l'élève de l'école des Mystères de
la Rose-Croix poursuit son difficile chemin pour venir à bout
de sa tâche, il en trouve la force car il se sait porté
par la loi fondamentale des Mystères de l'Occident, loi qui
trouve son expression dans l'éloge trouvée dans le
caveau symbolique de Christian Rose-Croix: "Ex Deo nascimur, in Jesu
morimur, per Spiritum Sanctum reviviscimus," c'est-à-dire: "De
Dieu, nous naissons; en Jésus nous mourons; par l'Esprit Saint
nous renaissons."
Cette maxime n'a rien d'une pieuse sentence
auréolée de mysticisme, elle est d'une signification
gnostique profonde. C'est l'atome prismatique,
l'élément premier de la philosophie occidentale, et si
l'élève de la Rose-Croix se déclare en accord
parfait avec cette profession de foi, alors il sait ce qu'il dit, il
sait ce qu'il fait, et il connaît la force merveilleuse qu'elle
recèle.
Toute personne admise dans l'un des cercles magiques des
Mystères doit se demander: "Est-ce que je sais moi aussi ce
que je dis? Est-ce que je sais moi aussi ce que je fais? Est-ce que
je connais vraiment quelque chose de cette force merveilleuse quand
je répète cette loi fondamentale des Mystères de
l'Occident: "Je suis né de Dieu; je meurs en Jésus; je
renais par l'Esprit Saint"?
Si vous posséder quelque peu cet état d'être,
vous comprenez aussi la "Fama Fraternitatis" quand elle parle des
quatre personnes qui ont fondé la Fraternité de la
Rose-Croix. Nous y lisons:
"Mais comme le travail était devenu trop
considérable et qu'une incroyable affluence de malades les
gênait, et qu'en même temps la nouvelle demeure,
appelée Sanctus Spiritus, était achevée, ils
décidèrent d'admettre encore quelques autres personnes
dans leur communauté et fraternité. C'est ainsi que
furent choisis Frère R.C., fils du frère de son
père décédé; Frère B., peintre de
talent; G.G. et P.D., leurs secrétaires, tous Allemands
excepté I.A. Au total ils étaient donc huit, tous
célibataires et ayant fait voeu de chasteté. Ils
rassemblèrent en un volume tout ce que l'homme peut, pour
lui-même, souhaiter, désirer et espérer."
Lorsque le ministre d'une église quelconque étend
les bras sur la communauté pour la bénir et prononce
l'invocation: " Au nom du Père, du Fils et du
Saint-Esprit," la grande question est de savoir si cet homme sait
ce qu'il fait, car souvent dans son enseignement et son comportement
il néglige ce qu'ordonnent le Père, le Fils et le
Saint-Esprit, sinon il ne supporterait plus de rester dans sa
communauté religieuse.
Cette invocation est souvent suivie de contradictions aux nuances
très variées, apparaissant dans les prières,
dans les prêches, et surtout dans leur manque de
réalité.
"Je suis né de Dieu." Que veut dire cela ? C'est la
parole de l'homme qui connaît Dieu, qui appréhende
quelque chose de Dieu avec le coeur et la tête. C'est la parole
de l'homme qui décèle dans l'univers entier une seule
volonté, une seule sagesse et une seule force, qui porte tout.
Ce n'est plus la foi en une direction supérieure insondable,
perceptible de diverses manières. Ce n 'est plus le pauvre
bégaiement de l'homme primitif qui dit: "Oui, il doit quand
même y avoir quelque chose," mais le savoir parfait, le savoir
supérieur du chercheur ésotérique.
C'est le plan cosmique bien défini, l'imposante
organisation générale de l'univers. Des millions de
systèmes solaires courent à travers l'espace
incommensurable du septième domaine cosmique, d' innombrables
galaxies montrent la gloire de l'unique force chargée de tout
diriger. De même qu'un objet qui se déplace rapidement
et qui doit vaincre une certaine résistance fait naître
un son dans l'espace, de même ces myriades de sphères si
différentes par a vitesse, le volume et leur composition,
émettent chacune leur propre son sur le chemin qui leur est
assigné par la loi cosmique fondamentale. Et ces sons tous
ensemble forment le choeur immense des représentants de
Dieu.
Avez-vous perçu quelque peu ce flot de sonorités?
Connaissez-vous quelque peu l'astrosophie? Nous ne parlons pas ici de
toutes les banalités qu'on tire en tâtonnant
d'horoscopes minables, mais de la parole de Dieu qui vient à
nous grâce à ses sublimes serviteurs. Vous ressentez
alors une sainte émotion en découvrant qu'à son
commandement toutes ces sublimes forces cosmiques restent en
interférence avec nous et que le psalmiste ne parle pas en
vain quand il dit: "Voyez, il vous connaît tous par votre
nom."
Les yeux embués de larmes et les mains jointes vous avez
saisi un savoir grandiose et sublime, une preuve claire de quelque
chose d'inexprimable et de magnifique, autrement dit: nous,
micro-organismes infiniment petits par rapport à ces titans
impressionnants, nous sommes aussi connus, nous sommes aussi
lancés dans un processus de développement. Nous ne
sommes pas seulement jetés sur la terre, sur l'un des petits
globes célestes, comme d'accidentels noyaux de conscience,
pour être finalement broyés par une catastrophe
stellaire, mais nous sommes inclus dans un plan dont le but final
dépasse de beaucoup notre actuel pouvoir de
compréhension.
"Je suis né de Dieu !" L'élève
répète cette parole avec une grande positivité,
car il sait, il a compris la puissance contenue dans cette
prière. Et là où l'homme de la masse, saisi
négativement par le grand mystère, marmonne :"Il doit
bien y avoir quelque chose," le candidat, empli de reconnaissance et
d'amour, lève la tête vers celui « qui pensa les
cieux, et ils furent ». Il se sait un avec lui, il sait qu'il
est au début d'un chemin grandiose et il formule cette
prière: "Seigneur, apprends-moi à dominer la crainte,"
tout en percevant l'appelle de la voix: "Devenez parfait comme votre
Père qui est dans les cieux est parfait."
Mais qui a dit cela? Qui a parlé de cette perfection qui
se trouve à notre portée. C'est la grande voix du
Christ qui appelle, le Christ qui nous explique la sainte
méthode.
"Je suis né de Dieu", de la matrice de l'univers
j'ai été envoyé dans le temps, et je dois mourir
en Jésus Christ afin que, de ce plan inférieur aux
multiples aspects, je remonte en tant qu'entité parfaite dans
le plan supérieur et que je renaisse par l'Esprit Saint. Toute
réalisation est chimérique, toute réalisation
est un parfait non sens, si on ne comprend pas la sainte
méthode, si on n'est pas prêt à mourir en
Jésus-Christ.
Ne prenez pas ces propos pour un sermon. Nous ne voulons
nullement niveler votre pouvoir mental au niveau de l'orthodoxie
chrétienne actuelle, au niveau du christianisme caricatural de
telle ou telle église. Nous, Rose-Croix, sommes pour le
réalisme. Et avant de répéter : "Nous mourons
en Jésus-Christ," nous voulons nous rappeler que nous
sommes nés de Dieu, que nous sommes de sa descendance.
Et comme nous sommes remplis de la légitime fierté
d'appartenir à la grandiose Hiérarchie de ces
êtres, d'avoir reçu une place dans la manifestation
universelle, nous voyons en même temps le fantôme
consternant de la réalité. Nous voyons un monde pareil
à un enfer mugissant, nous en voyons les effrayants
contrastes, oppositions, et nous savons que nous avons
été jetés ici-bas dans ce plan inférieur,
où les puissances inférieures maintiennent
l'humanité prisonnière sous leur forte emprise. Nous
voyons la trahison criante, la sinistre étreinte de la
bête infernale. Nous voyons la masse prise dans une ronde
démoniaque; la terre est trempée de larmes; nos
gémissements sont innombrables et nos coeurs
épuisés.
Et l'élève, celui qui chantait en jubilant: "Je
suis né de Dieu", voit avec un profond désespoir
que la masse ne connaît pas l'origine de sa naissance, que la
lumière luit dans les ténèbres de la chute, qui
ne peuvent pas recevoir cette lumière.
C'est pourquoi la voix de l'élève retentit
résolument: "Je meurs en Jésus." Pour lui, il ne
s'agit pas là d'une formule doctrinale, d'un romantisme
moribond, d'un tendre murmure. Pour lui cela n'a rien à voir
avec quelque piété hypocrite ruisselante
d'onctuosité verbale. C'est un saut formidable dans la
réalité; c'est une attaque fort sévère
des fantômes du mal; c'est un bond dans la
réalité infernale pour y engager le combat avec toutes
les forces démoniaques; afin de libérer
l'humanité, qui est née de Dieu mais cependant menace
d'étouffer sous le poids inexorable des innombrables pratiques
dogmatiques. C'est une plongée dans la vie cruelle où
des millions d'êtres dépérissent dans la
misère tandis qu' une minorité fait ripaille. C'est
percer les pieux mensonges des sépulcres blanchis. C'est
démasquer la fallacieuse espérance du salut sur le plan
horizontale.
C'est la souffrance, souvent indicible, des véritables
héros de Dieu. C'est, aujourd'hui comme hier, dans tous les
siècles, la prison et les camps de concentration, les
persécutions et l'exil, la torture et la terreur. C'est
entendre les coups des marteaux pneumatiques dans les usines de
guerre. C'est voir la fumée des bateaux de guerre et les
sous-marins nucléaires. C'est l'océan de sang.
Et... c'est le réveil de ceux qui sont battus et
terrassés, le relèvement de ceux qui sont tombés
pour être élevés dans la lumière, afin
qu'un jour ils puissent eux aussi se réjouir dans le grand
choeur des êtres conscients: "Nous sommes nés de Dieu!"
C'est la construction d'une nouvelle demeure, qui n'est pas une
chimère, une vague mage née de quelque réflexion
chrétienne, mais la construction concrète d'une
nouvelle demeure "Sancti Spiritus" par des têtes, des coeurs et
des mains d'hommes. C'est la véritable
franc-maçonnerie. C'est là mourir en
Jésus-Christ.
"De Dieu nous sommes nés. En Jésus nous
mourons."
Le chemin, l'unique chemin de la délivrance est
l'acceptation de la croix, l'offrande totale au monde,
démontrant un pur amour des hommes, un amour des hommes
rayonnant, splendide, totalement dénué
d'égocentrisme chrétien et de paganisme
chrétien. Ce n'est pas jouer à cache-cache avec l'amour
de Christ. C'est l'accepter tel qu'il veut qu'on l'accepte: le suivre
jusqu'au calvaire. Seule la descente dans la vie réelle, la
plongée dans la réalité infernale du plan
inférieur peut sauver et le monde et nous-mêmes.
Faites bien attention à cette parole du Christ: "Plusieurs
des premiers seront les derniers, et plusieurs des derniers seront
les premiers." Nous trouvons chaque jour la confirmation de ces
paroles. Nous, Rose-Croix, portons le plus grand intérêt
à cette foule toujours plus grande d'hommes et de femmes qui,
bien que ne connaissant pas le Christ, se frayent une voie
jusqu'à lui par l'offrande de leur personne, en luttant sans
tenir compte de leur moi. Ils seront les premiers car, par leur grand
amour des hommes, ils font agir la grande loi, la loi de Christ. Le
chemin, l'unique chemin de la libération est l'acceptation de
la croix: "De Dieu je suis né; en Jésus je meurs;
par l'Esprit Saint je renais." Ainsi apparaît la victoire
et la nouvelle demeure "SanctiSpiritus". De l'abîme
terrestre surgit une nouvelle et forte plante: la semence en a
été semée selon le plan de Dieu; en Christ elle
est descendue et meurt dans la terre; par l'Esprit Saint la force
latente est libérée et parvient à la
lumière, à la fructification. Nous allons comprendre
maintenant la "Fama Fraternitatis". Il y a là quatre
frères de la Rose-Croix. En Christian Rose-Croix nous voyons
l'aube d'une ère nouvelle et, selon la symbolique gnostique,
nous comprenons que les quatre frères représentent la
culmination au méridien. Le soleil spirituel, Christ, brille
et a trouvé un foyer dans la tête et le coeur des
hommes, la lumière a transpercé les
ténèbres, bientôt les flammes jailliront.
C'est ainsi qu'est écrite la première partie du
Livre M. Illuminés intérieurement par l'amour humain
rayonnant, Christian Rose-Croix et les siens pénètrent
la réalité: ils portent péniblement la croix car
c'est seulement ainsi qu'on peut connaître le Christ. Plus nous
nous orientons ainsi dans la vie, plus grande est l'affluence des
malades, qui veulent et peuvent être secourus par nous. Ceux
qui souffrent arrivent à nous en files interminables, tendant
les bras vers leur délivrance. Mais, hélas, nous
ressentons notre faiblesse. Que pouvons nous faire dans
l'océan de la souffrance humaine?
Pourtant le miracle se produit. Grâce à l'offrande
de nous- mêmes, la semence éclate dans la terre obscure,
les forces latentes se libèrent et la nouvelle demeure "Sancti
Spiritus", la demeure de l'Esprit Saint, s'élance comme un
jeune dieu. Et voici que les quatre frères de la Rose-Croix
trouvent leurs quatre composantes, et nous les voyons dès lors
apparaître comme la Fraternité des huit. Leur nombre
ayant doublé, ils représentent la formule magique
saturnienne de la transmutation: De Dieu nous naissons - esprit. En
Jésus nous mourons - dans la matière. Par l'Esprit
Saint nous renaissons - en esprit sur le chemin de la
spiritualisation.
Voilà le merveilleux processus métabolique, le
processus de la transfiguration que vous présente le
véritable christianisme et qu' applique la Fraternité
de la Rose-Croix. C'est ainsi que nous voyons tourner la roue de la
transmutation de l'énergie en matière et de la
matière en énergie. C'est ainsi qu'est né le
royaume qui n'est pas de ce monde. Il a surgi d'un processus
religieux, scientifique et artistique de transformation de la
matière, grâce à des têtes, des coeurs et
des mains d'hommes. Voilà le tournant que nous envisageons.
Bienheureux celui qui le comprend tant soit peu. Bienheureux celui
qui rejoint les rangs de ceux qui ont fondé la nouvelle
demeure "Sancti Spiritus". Il recevra tout ce qu'un homme peut
vouloir, désirer ou espérer:
Ex Deo nascimur,
In Jesu morimur,
Per Spiritum Sanctum reviviscimus.
Fama Fraternitatis R.C.
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(A suivre.........)