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Ci-dessous un texte envoyé par un correspondant Mr P.Guinard.

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L'étoile de Bethléem:
Un scénario organisé par des astrologues
Patrice Guinard, Docteur es Lettres

Abstract in English
Jesus was born on September 15, 7 B.C. at around 6 pm in Bethlehem, under the opposition of the Sun in Virgo to the conjunction Jupiter-Saturn at its rising. This assumption explains the words of the magi to Herod: "We saw his star at its rising", which supports the supposition that this "star" had not yet disappeared and that it could be observed again, and the enigmatic metaphor of the Virgin (the text of the Gospel "born of a virgin" could be read rather "born in the sign of Virgo"). The simultaneity of the astronomical event occurred with the arrival of the Messiah, king of the Jews (Jupiter, the royal planet, beneficial, in conjunction with Saturn, the planet of the Jews). The symbol of Pisces would have been preserved as a form of recognition and a rallying sign for the first Christian communities. This is the "classic" theory of Ferrari d'Occhieppo (1969) - Hughes (1979) - Seymour (1998)...
An indicator, however plausible, remains just a presumption; the union of several concordant indicators can be more convincing. My view is that this theory agrees with a second theory, of Essenian origin, which determines the maximum of "parts of light" for the 15th of September for each year (see Qumran ms 4Q186). Thus the birth of the Messiah has been anticipated and prepared for, and organized by the Jewish Essenian community - by astrologers - and the child has been educated for his future function as in the case of the future dalai-lama.

L'étoile de Bethléem
"Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : "Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son astre à son lever et nous sommes venus lui rendre hommage." (Matthieu 2. 1-2)

Le texte de l'Évangile de Matthieu aurait été rédigé vers l'an 90 A.D., soit cinq ans après celui de Luc, 25 ans après celui de Marc, et près d'un siècle après la naissance du Christ ; ses plus anciens fragments connus sont encore postérieurs d'un siècle.
Seul ce texte rapporte le récit de l'étoile. D'après le récit de Luc, un ange annonce la naissance de Jésus à un groupe de bergers. Que croire du récit de Matthieu, qu'on retrouve aussi dans l'Évangile apocryphe de Jean ? On sait qu'un astre mentionné par une vision de Balaam (Nombres, 24.17) a été interprété comme indiquant la naissance d'un messie.
Les premières questions qui se posent concernent la formulation du récit : Qui sont ces mages? D'où viennent-ils? Quel âge avait l'enfant au moment de leur arrivée? Quelle est la nature de cet astre? Quelle est sa position dans le ciel?
Je ne crois pas que le récit de Matthieu ne soit qu'une légende sans fondement réel, en l'occurrence astronomique, destinée à convaincre les citoyens de l'empire romain avec des représentations qui leur seraient familières. Cette construction artificielle n'aurait eu aucune chance de succès. Au contraire il faut voir dans ce récit une représentation crédible, d'abord destiné aux Juifs ou à certaines franges de ce peuple, et se référant à des images et à des valeurs qui leur étaient présentes à l'esprit. Mais lesquelles ?
Les mages, qui ne deviendront des rois que bien plus tard dans l'imagination populaire, étaient des sages, des savants ; les traducteurs s'accordent même à les nommer astrologues. Viennent-ils d'Orient, ou simplement de l'est de Jérusalem ? On a évoqué des Chaldéens, en raison de leur savoir astronomique, et des Perses en raison de la nature messianique de certains écrits du Zoroastrisme. On a évoqué aussi des exilés appartenant à la diaspora juive.
D'après le texte, l'enfant viendrait de naître : ce qui signifie soit qu'il vient tout juste de naître, et les astrologues en visite ne viennent donc pas de très loin, soit qu'il est né il y a quelques semaines ou même quelques mois, temps suffisant pour un voyage, disons, depuis Babylone. Ces "mages" devaient être déterminés pour parcourir quelques mille cinq cents kilomètres et rendre hommage à un nouveau-né destiné à un avenir royal. L'événement astronomique a dû être d'une importance considérable. Or, on ne retrouve dans les tablettes babyloniennes ni trace de cet événement particulier, ni trace à aucune époque d'une conjonction ou d'un phénomène astronomique qui revêtirait une telle importance, ni, ce qui est pire, d'un intérêt quelconque, dans les présages qui nous sont conservés, pour la destinée de la région d'Amurru, la région de l'ouest dans la topologie babylonienne. La question cruciale est la suivante : Quel intérêt auraient eu ces astrologues et astronomes chaldéens pour les destinées du peuple juif ? Cependant si ces sages furent des juifs eux-mêmes, membres de la diaspora, et en contact avec des savants autochtones, la question du décalage entre la naissance de l'enfant et leur arrivée à Jérusalem reste entière.
Quelle réalité recouvre l'astre du futur roi des Juifs ? Des dizaines d'hypothèses ont été proposées, parmi lesquelles : Vénus (qui, quelle que soit sa situation, n'est pas une manifestation astronomique particulièrement rare), la comète de Halley (visible seulement en l'an 12 B.C.), une conjonction planétaire (de nombreuses variantes ont été proposées), une occultation planétaire, dont celle de Jupiter par la Lune les 20 mars et 17 avril de l'an 6 B.C., l'hypothèse de l'astronome Michael Molnar [1] , actuellement en vogue parmi les spécialistes, car cette date correspond à celle, approximative et supputée, de la naissance du Christ, après avoir corrigé le décompte dressé par Dionysius Exiguus lors de la détermination de la date de Noël en l'an 525 A.D.
Les critiques de cette hypothèse ont été formulées par divers auteurs (dont les astronomes Seymour et Kidger) : les occultations de Jupiter par la Lune sont assez communes, celles retenues pour l'an 6 étaient pratiquement invisibles, même si elles pouvaient, théoriquement, être calculées, encore qu'il soit fortement improbable que les connaissances astronomiques de l'époque aient pu le permettre.[2]
Quelle est la situation de l'astre au moment de la naissance et au moment de l'arrivée des astrologues sur les lieux ? "Nous avons vu son astre à son lever" - déclarent-ils, ce qui signifie qu'il n'y est plus, ou qu'il pourrait encore s'y trouver?

La conjonction de l'an 7
Kepler, qui pensait que l'étoile des Mages était une étoile nouvelle, c'est-à-dire une nova, similaire à celle qu'il venait d'observer en 1604 [3] , note la coïncidence de son apparition avec la conjonction Jupiter-Saturne de l'an 7 B.C. comme avec celle de 1604 A.D., la première ayant trait à la naissance du christianisme et à la conception du Christ, la seconde à la Réforme. Plus généralement Kepler remarque que le grand cycle des 3 planètes les plus lentes (l'équivalent du cycle Pluton-Neptune-Uranus des astrologues modernes) semblait ponctuer les grandes phases de l'histoire, notamment biblique.[4]
L'hypothèse de la naissance du Christ durant l'été de l'an 7 B.C. semble la plus vraisemblable. Elle a d'abord été proposée par l'astrologue John Addey qui donne la date du 22 août 7 B.C., le soir, au lever héliaque de la conjonction Jupiter-Saturne.[5] Un autre astrologue, l'allemand Walter Koch, dresse le thème hypothétique de la naissance du Christ pour le 14 septembre 7 B.C. au coucher du soleil.[6]
Konradin Ferrari d'Occhieppo, astronome à l'université de Wien, donne une naissance pour le 15 septembre 7 B.C. au soir.[7] D'après l'astronome David Hughes, cette date serait astronomiquement la plus fondée : des prêtres zoroastriens auraient décidé que le nouveau messie naîtrait le 15 septembre 7 B.C. le soir (vers 17h45), lors du lever héliaque de la conjonction Jupiter-Saturne.[8] Récemment, Percy Seymour a étayé cette hypothèse du 15 septembre 7 B.C. vers 18 heures.[9]




Même si durant l'an 7 B.C., en raison de leurs latitudes, Jupiter et Saturne ont été conjointes à plusieurs reprises, au mieux à 1 degré d'orbe, la triple conjonction des trois planètes les plus lentes connues des astronomes de l'époque (Mars, Jupiter, Saturne) a lieu pour la première fois depuis 850 ans dans la constellation ou le signe des Poissons, et le Christ serait né sous l'opposition du Soleil en Vierge à la conjonction Jupiter-Saturne à son lever. Cette hypothèse explique les paroles des mages à Hérode : "Nous avons vu son astre à son lever" , qui peut laisser supposer que cet "astre" n'a pas encore disparu et qu'il pourrait à nouveau être observé, l'énigme de la métaphore de l'immaculée conception (le texte de l'Évangile "né d'une vierge" se lirait plutôt "né dans le signe de la Vierge"), l'assimilation de l'événement astronomique à la venue d'un Messie, roi des Juifs (lever de la planète royale, bénéfique, en conjonction avec Saturne, la planète des Juifs), le symbole des Poissons qui aurait été conservé comme signe de ralliement et de reconnaissance par les premières communautés chrétiennes.
L'hypothèse ne répond pas à deux questions majeures : pourquoi cette conjonction précise ? Et surtout (question qui n'a guère été posée jusqu'alors) : pourquoi ces mages, des prêtres zoroastriens selon David Hughes, auraient-ils pris intérêt à un événement qui a priori ne les concernait pas ?
L'astronome Mark Kidger, qui ne cite ni d'Occhieppo, ni Seymour, a dénombré 64 conjonctions Jupiter-Saturne durant le premier millénaire précédant la naissance du Christ, et sept triple conjonctions (avec Mars), dont celle de 146-145 B.C. en Cancer avec un orbe de 10 minutes de degré. Autrement dit, à peine 140 ans avant l'événement de l'an 7, il y eut une conjonction plus spectaculaire encore car d'une meilleure précision, qui aurait tout aussi bien pu attirer l'attention des astrologues attentifs. Comme le remarque Kidger : "Si le seul facteur à prendre en compte était la conjonction, les mages, en voyant cette triple et spectaculaire conjonction [celle de 145 B.C.], auraient dû arriver à Jérusalem 139 ans plus tôt!" [10]
Le fait que la conjonction de l'an 7 se situe en Poissons ne me semble pas un argument convaincant : après tout ni Manilius ni Dorothée n'associent la Palestine ou le peuple juif aux Poissons, et Ptolémée place la Judée sous le signe du Bélier. Et quelle chorographie n'en contredit pas une autre ! [11]
Lorsque j'ai lu, il y a une dizaine d'années, l'ouvrage de David Hughes, j'étais persuadé qu'il avait raison. Même réaction chez Seymour : "David Hughes était d'accord avec d'Occhieppo, et je le suis aussi." [12] Cependant le choix du 15 septembre parce que c'est le seul jour de l'opposition "exacte" (sans tenir compte de la latitude) de Jupiter au Soleil ne m'a jamais convaincu. Pourquoi ne pas retenir le jour de l'opposition du Soleil à Saturne, ou mieux encore celui de son opposition au centre de la conjonction? L'astrologue allemand Walter Koch a été l'un des premiers à proposer une date vraisemblable dans ce contexte, celle du 14 septembre. Je pensais moi-même que le 16 septembre convenait mieux, en raison du rôle tenu par la Lune dans la configuration, à savoir sa position en double carré de la fameuse opposition (selon les éphémérides dont je dispose).
Quelle que soit la date retenue, en amont ou en aval du 15 Septembre, elle doit résoudre les questions ci-dessus mentionnées, à savoir : D'où seraient venus ces astrologues, et quelles ont pu être leurs motivations pour entreprendre un tel voyage et venir rendre hommage à un enfant juif ? Et pourquoi à cette date de l'an 7 ? Pourquoi pas, en l'occurrence, 140 ans plus tôt, puisque cette conjonction ne serait pas aussi exceptionnelle que semblent le croire ses défenseurs ?
Mon hypothèse est la suivante : cette conjonction n'est pas la seule théorie mise en jeu pour déterminer la naissance du Messie, mais il existe une autre théorie concomitante, un autre événement de nature astronomique ou astrologique, qui, joint au premier, fait de cette naissance l'événement exceptionnel attendu. Un indice, même plausible et convaincant, ne reste qu'une présomption ; l'union de plusieurs indices, sans rapport avéré mais concordants, peut devenir une certitude.

La théorie astrologique essénienne
Alors j'ai pensé aux rouleaux retrouvés dans une dizaine de grottes à Qûmran (situé à 20 kms à l'est de Jérusalem) au printemps de 1947. André Dupont-Sommer a suggéré, peu après la découverte, que les manuscrits appartenaient à la bibliothèque d'une communauté juive, les Esséniens, attestée par Pline et par Flavius Josèphe. "La secte des Esséniens professe que le Destin (eimarménè) est maître de tout et que rien n'arrive aux hommes qui ne soit conforme à sa décision." [13]
Il existait quatre courants judaïques au temps de Jésus : les Pharisiens, pragmatistes, qui rassemblaient les classes moyennes, les Sadducéens, ritualistes et conservateurs, qui formaient la classe sacerdotale et les gardiens du Temple, les Esséniens, spiritualistes, pour beaucoup des moines retranchés mettant leurs biens en commun, dont la communauté de Qumrân, et les Zélotes, idéalistes, libertaires, révoltés, résistants au pouvoir romain, mais au judaïsme proche de celui des Pharisiens, auxquels on peut adjoindre les Sicaires, des extrémistes "fondamentalistes".[14]
Les manuscrits de la mer Morte rassemblent quelques 800 textes dispersés dans onze grottes à Qumrân (dont près de 600 dans la grotte 4), des IIème et Ier siècles B.C. pour la plupart, rédigés en hébreu ou en araméen, recoupant en partie les écrits dits "pseudépigraphes", et issus d'une bibliothèque essénienne abandonnée en 68 A.D. Certains sont des textes astrologiques d'une teneur particulière, comme le document 4Q186 (le texte 186 trouvé dans la quatrième grotte de Qûmran) édité par J. Allegro en 1964.[15]
Le double cryptage du texte (mélange d'alphabets et inversion des lettres et des mots) montre que son contenu ne devait pas tomber entre toutes les mains, et être uniquement destiné à quelques membres de la communauté. Les trois fragments rescapés du manuscrit ont été traduits par André Dupont-Sommer : ils indiquent, selon le moment de naissance d'un individu, sa constitution physique et surtout son essence spirituelle, en fonction d'un dosage entre neuf parts de Lumière ou de Ténèbres lisibles dans son horoscope : "Son esprit sera de six (parts) dans la Maison de lumière, et de trois dans la Maison de ténèbres." [16]
Dans un autre texte retrouvé à Qûmran, La Règle de la Communauté (ou Manuel de Discipline), écrit qu'on peut dater du début du 1er siècle B.C., on retrouve ce dualisme d'inspiration mazdéenne entre la Lumière et les Ténèbres, les deux esprits antagonistes de la Vérité et de la Perversité : "Jusqu'à présent luttent les deux Esprits de vérité et de perversion dans le coeur d'un chacun : les hommes marchent dans la Sagesse et dans la Folie." [17]
Les trois fragments du ms 4Q186 ont été analysés en 1997 par Francis Schmidt de l'E.P.H.E.[18] Ils décrivent trois natifs dotés respectivement de 6, 1 et 8 parts de lumière, et proportionnellement de 3, 8 et 1 parts de ténèbres. Schmidt suppose à juste titre que ces portraits se rapportent à 3 décans zodiacaux, ici respectivement le premier du Taureau, le troisième des Gémeaux et le deuxième du Bélier, ce qui lui permet de reconstituer le tableau suivant:
 

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© Patrice Guinard, http://cura.free.fr/16christ.html